Aujourd’hui, j’aimerais vous raconter l’histoire d’Élise (le prénom a été modifié). Élise est une entrepreneure brillante, solaire, en pleine reconversion. C’est le genre de femme habituée à « tenir » : elle avance vite, parle vite, enchaîne les objectifs et ne s’autorise jamais à ralentir.
Un jour, son partenaire lui fait une remarque totalement anodine sur l’organisation de leur soirée. Rien de grave, aucune insulte, juste un échange du quotidien.
Pourtant, à la seconde où les mots sont prononcés, le corps d’Élise disjoncte : sa gorge se serre, une bouffée de chaleur envahit sa poitrine et son ventre devient de marbre. Elle se fige, incapable de répondre calmement, avant de ressentir une immense vague d’irritabilité.
Sur le coup, Élise s’en veut terriblement : « Pourquoi je surréagis comme ça ? Je suis trop susceptible, je gâche tout. »
Ce que le mental oublie, les fascias s’en souviennent
Quand Élise est venue m’en parler en séance, nous sommes descendues dans le corps. Nous n’avons pas cherché à analyser la remarque de son conjoint, nous sommes allées écouter la tension.
Et voilà ce que son système nerveux cachait : cette remarque anodine avait réveillé une ancienne trace. Le ton de voix et la situation ont réactivé instantanément la mémoire d’une humiliation passée, un moment de son enfance où elle s’était sentie profondément rejetée et impuissante.
Pour ses fascias (ces tissus conjonctifs qui enveloppent nos muscles et nos organes) et pour son système nerveux, le danger était de retour. Fidèle à son poste, son corps a immédiatement appuyé sur le bouton « Protection maximale » en créant cette armure physique.
Regarder ses réactions comme des protections, non comme des défauts
Si je vous partage l’histoire d’Élise, c’est parce que vous la vivez peut-être vous aussi au quotidien, que ce soit avec votre conjoint, vos clients ou vos collaborateurs.
Si votre corps répète une réaction disproportionnée, ce n’est pas parce que vous êtes instable ou fragile. C’est parce qu’il essaie de vous éviter une douleur plus grande. Le moment présent s’est mélangé avec le passé.
La clé de l’intelligence relationnelle n’est pas de vous forcer à ne plus rien ressentir. C’est d’apprendre, comme Élise l’a fait, à amener de la douceur et de la présence là où le corps s’est figé. C’est en montrant à votre système nerveux qu’aujourd’hui, vous êtes adulte et en sécurité, que l’armure peut enfin se relâcher.
Une invitation pour vous : La prochaine fois que vous « surréagissez », au lieu de vous demander « Qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? », posez-vous la question : « Qu’est-ce que mon corps essaie de préserver en moi à cet instant ? »


